Le PDG d’Air France annonce de nouveaux plans de départs volontaires. Air France va également réduire sa flotte long-courrier.
Comme le précédent plan Transform, le nouveau plan stratégique Perform 2020 d’Air France commencera bien par des réductions d’effectifs. Frédéric Gagey, le PDG d’Air France, a confirmé ce jeudi, lors du premier comité d’entreprise de l’année, qu’il présenterait « dans la première quinzaine de février » de nouveaux plans de départs volontaires, ciblés sur les personnels au sol et les personnels de cabines, « dont l’ampleur serait de l’ordre de 800 postes » : 500 chez les personnels au sol (PS) et 300 parmi les personnels de cabine (PNC), sur un effectif total d’environ 65.000 emplois équivalent temps plein fin 2013, dont 14.690 PNC et 46.000 PS. Ils s’ajouteront aux plus de 5.000 suppressions réalisées depuis 2011.
La direction a également annoncé d’autres mesures d’économies –poursuite de la « modération salariale », révision à la baisse de la croissance de l’offre et de la flotte long-courrier, réduction des achats– ainsi qu’un plan de relance commerciale, qui seront détaillés autour des résultats annuels, le 19 février prochain. Pour la première fois depuis longtemps, Air France devrait notamment supprimer des fréquences et des lignes long-courriers les plus déficitaires – la moitié des lignes long-courriers serait plus ou moins dans le rouge – et réduire sa flotte long-courrier. Tous les détails ne sont pas arrêtés, mais la croissance du long-courrier sera ainsi ramenée de 1,7 % à 0,8 % en 2015. L’ouverture d’une ligne sur Accra (Ghana) est annulée et un A340 sortira de la flotte dès cette année, suivi pas deux autres appareils long-courriers en 2016.
Atteindre un résultat d’exploitation positif dès 2015
Autant de mesures destinées, selon Frédéric Gagey, à atteindre un résultat d’exploitation positif pour le groupe Air France dès cette année et de plus de 700 millions d’euros à l’horizon 2017. Soit le minimum requis afin de pouvoir s’offrir les premiers Boeing 787 et Airbus A350 attendus à cet horizon, a-t-il expliqué. Le patron d’Air France voudrait également ramener de 50 % à 20 % la proportion de lignes long-courriers déficitaires et réduire les pertes du réseau moyen-courrier d’alimentation du hub de Roissy-CDG de 400 millions à 150 millions d’euros.
Pour justifier ces mesures, le patron du groupe a invoqué l’impact de la grève des pilotes , « sans laquelle Air France aurait dégagé un bénéfice d’exploitation [le premier depuis six ans NDLR] de 200 à 300 millions d’euros ». Au lieu de quoi le résultat 2014 devrait se traduire par de nouvelles pertes, probablement amplifiées au niveau du résultat net par la dépréciation des couvertures pétrolières.
Mais Frédéric Gagey a aussi insisté sur la baisse du prix moyen des billets d’avion depuis l’été dernier, de 5 % en moyenne pour l’ensemble des compagnies européennes. Quant à l’impact positif de la baisse de la facture pétrolière –près de 2 milliards d’euros en 2015–, il serait gommé par une possible baisse de la recette unitaire de 4 %.
Une compétitivité inférieure à celle de ses grands concurrents
Par ailleurs, en dépit des réductions de coûts générés par Transform, la compétitivité d’Air France reste inférieure à celle de ses grands concurrents européens, du fait de coûts « sensiblement supérieurs », a rappelé le patron de la compagnie. Et si le groupe Air France se classe encore au cinquième rang mondial en chiffre d’affaires, il est aussi l’un des moins profitable.
Attendues depuis plusieurs semaines, ces mesures n’ont pas suscité d’émotion particulière chez les représentants du personnel. Du côté des organisations de personnels au sol, on s’étonnait toutefois de voir les pilotes « épargnés une fois encore » par les réductions d’effectifs. « Les personnels au sol ont déjà fait plus que leur part, souligne un responsable syndical. Leur demander des efforts supplémentaires, en laissant les PNT à l’écart ne passera pas comme une lettre à la poste »
BRUNO TREVIDIC